DUPLOMB :

LA STRATÉGIE DU MENSONGE AVEC APLOMB !

Communiqué de Presse

Grenoble le 4 juin

Le sénateur Duplomb est venu servir la soupe aux agriculteurs à Val de Virieu jeudi 28 mai dernier. Indigestion assurée, tant son discours fleuve était truffé d’approximations, d’omissions, de mensonges patents et de sophismes.

Sous prétexte de venir à la rencontre des agriculteurs, M. Duplomb s’est surtout écouté parler pour se trouver d’accord avec lui-même. Nous avons donc subi 1h30 de prose en style libre, tout en pédagogie, qui n’a laissé que quelques minutes de questions pour lui permettre de caler encore un peu plus de potage dans ses réponses.

Son intervention était un assemblage de références guerrières, destiné à réécrire une histoire de l’agriculture française. À travers son introduction lunaire sur les guerres de 1870 et de 14-18, M. Duplomb a vanté les mérites et le sens du sacrifice agricole, normalisant le statut de chair à canon anonyme de ces paysans. Logiquement, il faut donc aujourd’hui « réarmer » le monde agricole, en phase avec sa comparaison plus précise énoncée à La Voulte-sur-Rhône : « Aucun gouvernement n’aurait fait la guerre, parce qu’on sait que ça tue les hommes »[1], en réponse à l’alerte sanitaire lancée par des chercheurs du CNRS. M. Duplomb assume presque sans détour les conséquences meurtrières de ses propositions, et s’assoit cyniquement sur la proportion accrue de lymphomes, leucémies ou cancers de la prostate, notamment chez les salariés et les agriculteurs exposés aux pesticides[2].

Son arc narratif s’emploie ensuite à décrire le monde magique des coopératives (et Sodiaal en particulier), qui redonneraient le pouvoir aux paysans. Il ne sera pas fait mention de la situation d’omerta dans laquelle sévissent quelques-unes des plus grosses coopératives agricoles aujourd’hui[3].

Toutes les contorsions de M. Duplomb face à l’Histoire veulent emmener son auditoire vers une conclusion naturelle : il y a un sens unique à tout cela, un seul modèle et « pas d’alternatives ». Ces relents du XXe siècle et des grandes heures de Thatcher montrent la vision passéiste et dépassée de M. Duplomb, encore à vanter les mérites du « modèle familial », mais qui n’a pas encore été informé de l’impasse actuelle du renouvellement des générations agricoles. Une idéologie que se défend d’en être une, au nom du bon sens paysan, et tant pis pour les collègues qui rejoignent prématurément les cimetières, par manque manifeste dudit bon sens.

Et toujours la même rengaine : « Trop de normes, trop d’interdits, trop de charges ». L’occasion pour M. Duplomb de s’essayer à la logique des Shadoks : si on n’a pas les moyens de tester tous les produits interdits dans l’agriculture aujourd’hui, autant les autoriser.

L’imposture Duplomb nous offre un ultime point d’orgue : son mensonge favori sur l’évolution des haies en France. Elles seraient plus nombreuses aujourd’hui qu’en 1950, géoportail à l’appui (sic). Le respect du sénateur pour son auditoire se mesure à l’énormité des mensonges qu’il lui sert : c’est 70% du linéaire de haies en France qui a été arraché depuis 1950[4].

La Confédération Paysanne défend au contraire un modèle d’agriculture paysanne, une spécificité française historique, et recommande à M. Duplomb de se replonger dans ses manuels d’histoire et de relire Henri Mendras : c’est précisément l’intégration du travail de la terre et de la production paysanne dans la société capitaliste globale qui suscite la déstructuration des fondements de l’économie paysanne[5].

La Confédération Paysanne dénonce le divorce entre M. Duplomb et les données scientifiques. Il va jusqu’à nier l’avis du Conseil d’État qui estime que « la proposition de loi ne met pas les autorités publiques en mesure d’agir dans le respect du principe de précaution » [6].

En 2025, un rapport de l’INRA proposait des alternatives à l’utilisation des néonicotinoïdes. En février 2026, l’organisme public de recherche a montré, grâce à une étude de terrain menée pendant dix ans, que cultiver sans pesticides est techniquement et économiquement faisable. Les alternatives sont là, et M. Duplomb choisit de les ignorer[7].

M. Duplomb mène une entreprise de tromperie du monde agricole et de sabotage de la santé publique : il est l’allié du cancer et nous continuerons à le faire savoir.

La Confédération Paysanne de l’Isère

Co-signataires :

Addear 38, Atelier Paysan, Les ami.es de la Conf 38b, Adabio, Solidaire 38, Alternatiba, Association Espace Nature Environnement, Réseau AMAP

Contact :

Florentin Vallée : Membre du Conseil d’Administration Confédération Paysanne de l’Isère – 06 66 93 99 46

Roxane Riche : Membre du Conseil d’Administration Confédération Paysanne de l’Isère – 07 58 33 15 80

[1]https://www.ici.fr/emissions/l-invite-d-ici-matin-ici-drome-ardeche/loi-duplomb-2-en-visite-en-ardeche-le-senateur-annonce-qu-il-va-proposer-la-reintroduction-de-l-acetamipride-7252682

[2]https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/11/27/cancer-une-etude-de-grande-ampleur-confirme-les-risques-encourus-par-les-agriculteurs-francais_6061356_3244.html

[3] Silence dans les champs, Nicolas Legendre

[4] https://agriculture.gouv.fr/la-haie-levier-de-la-planification-ecologique

https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/06/30/le-moment-de-celebrite-de-laurent-duplomb-un-senateur-au-service-de-la-fnsea_6616954_3234.html

[5] https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/la-france-vue-de-mes-villages-1-5-la-fin-des-paysans-2701710

[6] https://www.conseil-etat.fr/avis-consultatifs/derniers-avis-rendus/a-l-assemblee-nationale-et-au-senat/avis-sur-une-proposition-de-loi-visant-a-attenuer-une-surtransposition-relative-a-l-utilisation-de-produits-phytopharmaceutiques-afin-d-eviter-la-d

[7]https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/06/01/apres-le-cadmium-les-medecins-liberaux-alertent-sur-la-pollution-de-l-eau-de-potable-un-autre-enjeu-massif-de-sante-publique_6695912_3244.html

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